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Novembre 2010 : Henry VLAKO

 Nom : VLAKO
Prénom
: Henry
Année de naissance
: 1936

  Ancien footballeur (Tempète). Il intégra le département des sports, y  exerça comme  éducateur sportif , gravi les échelons au cours de sa carrière  (stages et formations) puis    occupa  le poste de   Directeur de la Jeunesse et des Sports au début des années 80.Membre de la délégation Centrafricaine aux JO de Séoul de 1988.

Il est resté fidèle à son ministère de tutelle jusqu’à sa retraite.C’est à Toulouse, en France où il réside depuis 2002 que nous l’avons rencontré en août 2010, il a bien voulu nous accordé une interview pour revenir sur quelques temps forts du sport en Centrafrique  ses 50 dernières années …..

Bonjour Mr VLAKO !
Avant 1960, comment étaient organisées les compétitions sportives   en  AEF ?
Il faut dire comme de nombreux jeunes je fréquentais le collège  de Bambari c’était   entre  1952 à 1957.. A cette époque les Championnats Fédéraux   regroupaient toutes la discipline sportives (football, basket et athlétisme de l’AEF (Afrique Equatoriale Française).Elles se déroulaient régulièrement à Brazaville.

Et en Oubangui alors ?
En football, les jeunes jouaient mais par « tribu ».C’est à dire que les équipes étaient formées de personnes  issues de la  même appartenance sociale.
Ainsi, l’équipe de  Tempête qui représentait les Oubanguiens,  était composée de Gbakas  et Sangos  qui en étaient sa base.Il y avait une équipe composée de Camerounais VENT, une autre  Renaissance où évoluaient les  Congolais… 
Et l’ambiance, comment était –elle ?
Je dirais conviviale, mais les Oubanguiens ne supportaient pas la défaite !Tous les matchs  se déroulaient au stade municipale.
En 1949 : une bagarre éclata entre Tempête et une équipe Camerounaise .Du stade Municipal jusqu’aux quartiers la bagarre s’était génénralisée, les biens des Camerounais furent saccagés. Car Tempête était pour l’époque l’équipe « fanion ».L’administration française par Jacques BORREL et un autre administrateur du ministère des Finances  ont décidé de brasser toutes les équipes suite à cet incident. C’est ainsi que des équipes comme Red Star, Etoile, Dragon (formées par des hommes d’affaires Lybiens) et Eclaire (équipe multiculturelle) virent le jour.

Quel  a été le rôle de l’Etat dans le développement du sport  au début des années 60 ?
David DACKO a fait confiance à LEDDO et ONDOMAT pour organiser le football car lui même en avait des connaissances limitées. C’est en 1964 qu’il inaugura le stade Barthélémy Boganda (ancien cimetière) .Pour le basket, c’est PEHOUA qui est l’origine  de tout .Pour l’athlétisme, il  a été  favorisé par les jeux de l’AEF,  présidés par un français le Dr HEYRAUT.
Lorsque que l’on évoque la Centrafrique, on ne peut s’empêcher de parler de  BOKASSA. Comment  percevait-il le sport ? 
A partir de DACKO, le sport était déjà mis en valeur, et à sa venue au pouvoir il a pris la suite des initiatives de DACKO. En y mettant un peu plus l’accent sur les moyens de  rivaliser avec les autres pays . Il voulait que la RCA soit reconnue  sur le plan international. Sur le plan sportif avec ou sans la manière la RCA devait ressembler aux autres nations selon lui. C’est ainsi que le sport a continuer à se développer.
L’année 1970, marque un tournant en Centrafrique avec la livraison du Palais Omnisport !
Effectivement! J’étais au département des sports à cette époque, et j’ai assisté à la livraison du  Palais par les Yougoslaves.Toute la population était fier de ce complexe sportif.
En 1974, la Centrafrique gagna son premier trophée continental !
L’émergence du basket Centrafricain est  de loin à mettre à la solde de PEHOUA François qui a su mettre à profits ses connaissances du jeu, de l’organisation et surtout l’encadrement des joueurs pour permettre à la RCA de gagner. Il était assisté de ZANIFEI entre autres…
Puis c’est l’année 79.
Lorsque les mères éprouvées »mamans décorées », ont rendu leurs médailles  suite au décès des étudiants grévistes .Face à l’habitude de Bokassa (indifférence) et les manipulations politiques diverses .Le déclin et la motivation des jeunes sportifs selon moi a commencé à se faire sentir à cette période .Et puis la suite on la connaît.
Aucours  des années 80, le sport et la basket ont retrouvé leur dynamisme.
IL eut la victoire de 87 puis  les jeux Olympiques de Séoul  88 ; la Centrafrique s’est défendue tant bien que mal, même si les joueurs ont été déçu par l’attitude de certains dirigeants, qui n’ont pas respectés les engagements relatifs aux versements des primes.

La délégation Centrafricaine aux JO de Séoul 88

Mr VLAKO est la 2ème personne à droite debout à côté de Marcel BIMALE (1er tout à droite )

45 années après l’indépendance du pays, le football centrafricain se révèle au grand jour ! L’année 2005 marque une nouvelle ère du sport Centrafricain ! Qu’en pensez -vous ?
La construction ce stade est la résultante de  30 années  de tractations, il est vrai que ce type de structure si elle avait été crée plus tôt nous aurait permis de franchir des paliers au niveau continental. Désormais ; en organisant un match international, les recettes  obtenues aideront un peu les sportifs et les instances qui ne dépendent que de l’état, car je me souviens lors d’une mission dans les années 80  au Cameroun  avec l’équipe de Fatima.Dans un stade de 30 OOO places, l’équipe hôte avait empoché presque 10 000000 millions de France CFA de recettes. Pour la Centrafrique le réveil des footballeurs arrivent au bon moment.

Pour terminer, l’ex AEF de votre enfance va organiser en 2012 une CAN. Grande première en Afrique Centrale. La Guinée et le Gabon seront les pays hôtes ? Quelle  initiative ?
L’organisation de ce type d’ évènement nécessite des moyens, ces deux pays  ont es moyens financiers d’y parvenir. C’est une très  bonne chose pour la sous région.

 

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