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Janvier 2012 : Alapha WILLYBIRO ZOLI

 

 

 

Bonjour, pour commencer pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Alpha Willybiro Zoli, je suis Centrafricain et président du club AS MAZANGA depuis 8 ans, c’est avec un réel plaisir que je présente mes vœux en ce début d’année 2012 à tous les centrafricains et particulièrement  a la famille du basket .Que cette année puisse être bénéfique pour tous et qu’elle nous permettr d’avoir des bases solides pour relancer notre basket.

En 8 années de présidence, quels sont les changements que vous avez  apportés à l’AS MAZANGA ?
Je pense principalement à la constance des résultats de toutes nos catégories. Depuis 2006 les catégories jeunes (benjamins et minimes) finissent soient champions où en haut du tableau ainsi que les cadets et juniors.
Nous sommes maintenant en mesure de présenter une équipe complète, c’est-à-dire, des joueurs et un staff technique complet de la plus petite catégorie (8 ans) jusqu’au x séniors (30 ans) et organiser régulièrement des camps de basket pour le renforcement des fondamentaux de nos athlètes.
D’autre part nous avons initiée depuis 2006 une autre manière de former et de réfléchir sur le basket centrafricain, je voudrais citer en exemples :
–  la Journée de réflexion sur la problématique des clubs de Basketball organisée en 2006 a Bangui
– l’atelier de formation des Leaders sportifs   sur le dépistage et la prévention du VIH/SIDA avec le financement de l’Organisation Mondiale de la Sante.
– La série de journée de sensibilisation à travers toute la France baptisée : Time Out pour une autre approche du Basketball Centrafricain avec la participation de Laguerre Donatien, Mamadou Debat, Balikouzou Yann et de Maurice Beyina.
– La présentation du sujet : Le sport, acteur du développement en Centrafrique  lors de la conférence Cabango organisée par l’Association Centrafrique Expertise .

 

 

 

Mais vous résidez en France, n’est t-il pas difficile de suivre et gérer à distance un club implanté en Centrafrique ?
Avec la bonne volonté de tous les membres et les nouvelles technologies,  la communication  est régulière avec Bangui et chaque année avant le lancement de chaque saison nous organisons notre assemblée générale pour recadrer les choses et définir nos objectifs. D’ailleurs je vous annonce qu’il y’a deux semaines le club  a présenté à Bangui son équipe féminine  qui fera son entrée dans le championnat lors de la future reprise.
Quel est l’effectif du club  actuellement?
Le club compte 120 licenciés aujourd’hui en 2012, et pour cette année je souhaite le meilleur aux équipes et une plus grande solidarité entre nos membres.

L’AS MAZANGA et la sélection nationale

Combien de joueurs ont porté les couleurs de la sélection nationale, toutes catégories confondues ?

En 2007, la RCA a été représenté  à Johannesburg en Afrique du Sud pour le camp de la NBA par Senapaï  Lionel et SIRIS Christian élu meilleur centrafricain de l’année participait à l’Afrobasket 2007 à Luanda en Angola avec l’équipe nationale.
Dans la catégorie des -18 ans qui s’était rendue en Lybie (2008), nous avons eu  3 joueurs retenus dont Yassir Arafat, Clovis Boui Baker et  Rock Mavoungou.
Avec les -16 ans à Maputo en 2009 on avait deux joueurs retenus, je veux parler des deux frères Cheick et Amadou Cissoko dont vous entendrez parler dans les années à venir.
Et plus récemment après avoir participé à Hambourg et au camp de la NBA à Dakar au Sénégal, vous avez Yohan GREBONGO qui est le dernier du club à avoir été présélectionné en 2010-2011 avec les séniors.

La scène internationale

Depuis 2003, la Centrafrique parvient  en ¼ de finales et semble se maintenir à ce stade ! Est-elle à sa place ? Et que lui manque-t-elle pour jouer le carré d’AS ?Je pense qu’elle est à sa place réelle. Le niveau africain a beaucoup évolué, comme je l’ai souligné dans divers interventions notamment lors du  CABANGO, la Centrafrique doit repenser son basket. La fédération doit avoir le courage de faire son bilan et  de reformuler ses objectifs. Pour une fédération ou une équipe un classement n’ait qu’un résultat sur le terrain. Désormais, on peut être fier d’avoir 3 arbitres internationaux dont l’un a été inclus au programme ldu dernier Afrobasket 2011 à Madagascar. Ce qui n’est pas rien mais il faut aussi regarder les autres aspects,  avons-nous l’effectif technique pour une grande nation du basketball ?

Y a-t-il un problème de formation ?
Effectivement,  voyez vous par exemple L’AS Mazanga repose sur 2 coachs seulement pour un effectif de  120 licenciés. Ce qui est insignifiant .On fait avec les moyens de bord en comptant sur les camps de basket Ball organisés par des  professionnels, tel que Fred GOPORO pour pallier a certaines lacunes.

Qui est alors responsable des formations, les clubs, la fédération ou FIBA ?
Ce sont les clubs qui sont responsables certes, mais il faut dire qu’en Centrafrique les clubs sont amateurs avec des moyens très limités. Les formations ont un coup .C’est pour cela que nous comptons sur la fédération qui dispose de plus de moyens et surtout plus d’autorité auprès des grandes instances sportives tel que la FIBA ou le CIO pour solliciter plus de formations pour le pays.

Mazanga a eu une expérience avortée avec les – 15 ans au mois de mai dernier ! Que s’est t-il réellement passée?
On parle du TIAM qui devait se déroulé en France, c’était un blocage administratif  au niveau du service de visa du consulat de France a Bangui avec en toile de fond  certains antécédents indépendants de notre dossier.
Mais c’était une expérience très enrichissante. Aujourd’hui nous sommes en train de revoir les pistes pour d’autres tournois internationaux.
Aujourd’hui, le basket est devenu un business, l’AS Mazanga a-t-il des partenariats à l’extérieur ?
Des partenaires financiers non, des partenaires sportifs non plus. On a de temps en temps des financements ponctuels .On étudie toutes les pistes, car nous formons principalement des jeunes et insistons sur la scolarité de nos jeunes. On ne peut pas parler de championnat professionnel ou de business  à notre niveau.

 

 

 

Vous êtes président d’un club au pays de Romain SATO ! Il y a certainement des jeunes qui veulent suivre sa carrière .Quels conseils leur donné vous ?

Beaucoup de travail et de s’y prendre assez tôt. Romain Sato représente  4 années d’études universitaires. Il a choisi de donner autant sur les terrains de basket que sur les bancs de la fac. C’est l’exemple type pour tout jeune.

Depuis 2003, les bamaras de Centrafrique ne dépassent pas les ¼ de finales. Que lui manque-t-elle selon vous pour  entrer dans le carré d’As ?
C’est une question à la quelle on ne pourrait pas débattre en deux mots ; car le Centrafricain regarde les matchs de basket avec beaucoup d’émotion, de passion .C’est un basket spectaculaire. Le meilleur Dunk de l’année 2011 en France a été attribué à Yannick Zachée et nous avons eu en Final de l’all stars game français Max Kouguere. Il faudrait un autre regard, une autre approche  de l’Etat qui est notre principal pourvoyeur de fonds, de la fédération centrafricaine de basket  et du staff technique aussi.
Je veux bien qu’on parle de centaines de millions mis à la disposition des fédérations par le gouvernement, mais  c’est toujours à la dernière minute. Par exemple ; qualifiés aux Jeux Africains de Maputo, la Centrafrique  a dû déclarer forfait.
Il est question aujourd’hui de regarder le basket sous un autre angle, que chaque acteur accepte d’appréhender une autre idée de notre basket  pour que nous puissions sortir de ces quarts de final qui me rappelle plus le mythe de Sisyphe.

Peut-on envisager un scénario catastrophique, où la Centrafrique ne se qualifiait pas à un Afrobasket ?
Le problème n’est pas la qualification, la fédération centrafricaine de basketball doit se fixer des objectifs en fonction des moyens dont elle dispose.

On vous laisse les mots de la fin !
Merci a toute l’équipe de Nzangue–International, Merci a tout les fans du basketball centrafricains et encore mes meilleurs vœux à tous.

 

Interview  et photos réalisés le 3 janvier à Paris

 

 

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