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Avril 2013 : Anicet LAVODRAMA

 

 

Bonjour Annicet Lavodrama, depuis notre dernière rencontre à Barcelone lors du Final Four 2011, peux tu nous dire a quoi ressemble ton quotidien ?


Symphorien bonjour. Un plaisir comme d’habitude pouvoir partager avec toi. Mon quotidien commence et termine par l’identification de potentiels sportifs de haut niveau,  et la gestion des carrières de plusieurs joueurs en formation et professionnels comme Serge Ibaka (Oklahoma City Thunder), ainsi qu’ une communication régulière avec des institutions et organismes qui chapeautent les réformes structurelles et en infrastructures du sport dans différents pays. Beaucoup de téléphone, d’avion et d’email. Et beaucoup de basketball.
Sans oublier 1 ou 2 jours par semaine des appels à Bangui pour écouter les sons et sensations d’entre le fleuve Oubangui et en  bas de Mbaza Bangui par le biais de la famille et des amis.

Depuis  mars 2013,Frédéric GOPORO  est devenu Directeur technique national  auprès de la Fédération Centrafricaine ! Quelle a été ta réaction lors de cette nomination ?

Admiration et sérénité. Fred est une icône de la Centrafrique à travers le sport du basketball qui nous a tant unis et tant offert comme pays. Depuis son poste de meneur de jeu, sa détermination, son caractère, et son talent Fred représente tous les composants de leader qui m’inspire et devrait inspirer une confiance et une force tranquille par rapport à la direction que doit prendre la Centrafrique à travers son sport roi le Basket

 

 

 Anicet LAVODRAMA et Serge IBAKA médaillé d’argent (JO de Londres 2012)*

Quel symbole représente pour toi la réhabilitation du palais Omnisports ? Salle mythique que tu as foulé avant d’évoluer à l’internationale ?

Toute société dynamique et en plein essors, ayant touché le plus bas fond, a besoin d’un facteur et un symbole d’union, un phare. L’Omnisport est à travers le basket ce phare, en complicité avec évidemment notre Centre Martin Ngoko. Je n’ai malheureusement jamais eu l’opportunité de fouler cette salle dû aux circonstances historiques de notre pays et la coïncidence avec mon départ pour l’université aux États-Unis.
L’Ominisport nous permet de faire un très bon investissement. La FCBB peut y organiser les championnats, les regroupements, les programmes de formation, recevoir en matchsinternationauxamicaux et en compétitionsofficiellesafin de faire en sorte que le public, tous les basketteurs/basketteuses, entraineurs, arbitres, officielles de table, journalistes puissent en même temps absorber, s’identifier et apprendre en permanence de la présence des Fauves et de toutes les équipes qui pourraient être invitées des différents pays du monde entier. Ces équipes et ces compétitions qui nous faisaient défautpour le développementcontinu du sport en Centrafrique. L’Angola, la Tunisie, L’Argentine, l’Espagne, la France, la Serbie, la Russie, ou les États-Unis ferons le plaisir de ce peuple centrafricain tantconnaisseur du bon basket, tantassoiffé de la beauté du basketball de haut niveau.

Il ya 28 ans, en 1985 plus précisément, Fred  GOPORO, toi et les autres bamaras firent bonne impression à l’Afrobasket !   Quels souvenirs te restent de ce tournoi ?

Avec l’Afrobasketd’Alexandrie en 1983, l’Afrobasket 1985 a constitué la dernièrephase de consolidation de notre sélection qui  nous a projetévers le paroxysme de la couronneafricaine en Tunisie 1987. À Abidjan en 1984 nous nous sommes renducompte que nousavions une sélectionchampionnecapable de dominer, Nous avions malheureusement était victime d’une ingénuité statistique ou nous n’avions pas pris en compte les différences de point. Lors de ce “CAN 1985” nos véterans “VataMonbassa” Malimaka et “PetitLarma” Naoueyama me passait le relais.En plus, la Côted’Ivoire est une seconde patrie pour moi car j’y ai  commencé la pratique du basket en 1975 à l’àge de 12 ans.

Depuis 2003, les bamaras de Centrafrique  ne dépassent pas les ¼ de finales (5ème et 7ème place) et pourtant les autres équipes élèvent leur niveau de jeu ! Pourquoi pas les bamaras ?


Les programmes de développement du sport et du basketball centrafricain furent interrompus de manière répétitive par les troubles sociauxpolitiques dont a souffert la RCA. Nous manquions, et manquons toujours d’installations sportives, de salles et de terrains de jeux adéquats qui devraientcorrespondre à l’énorme tradition et culture de basket centrafricain à travers tout le territoire. Les programmes de mini basket ainsique des formations et compétitions des catégories jeunes (U14, U16 et U18) qui furent tant productives dans les années 60 et 70 ont disparu. Le basketball centrafricain ne s’est déroulé qu’en grande partie à l’étranger par manqué des infrastructures pour accueillir de manière conséquente les regroupements et compétions internationales pour vraiment élever le niveau. Les programmes de développement manquaient de socles et étaient basé sur une vision à court terme.Nous avions répété les mauvaises formules et non ceux qui nous ont donné les meilleures résultats en 1974 et en 1987. L’Angola l’a reproduit et a pu régner sur plus d’une décennie en construisant de multiples salles de jeu, en perdant beaucoup de matchs et en mettant l’accent sur uneécole de basket complète vers la fin des années 70s et durant les années 80s.
Il fallait et il faut un développement durable sur la base d’une vraie fondation, de l’excellence en  fondamentaux technique, et les infrastructures avec la continuité d’un calendrier régulier. L’Espagne, la Serbie, l’Espagne  et la France font une formation, organisent  et participent à de multiples compétitions  depuis plus de 15 ansdanstoutes les catégories – U14, U16, U18 et U20 – chaque année.

 

 Interviewé à Barcelone (Final Four 2011)

L’Afrobasket 2013 approche à grand pas !  As-tu été contacté ? Peux-tu nous dire quel serait ton implication aux côtés des bamaras ?

Je reste toujours un Fauve, et je suis en permanente disposition au service de la Centrafrique et de la FCBB. Ce qui m’est requis, dans les mesures de mes possibilités, je donnerais.
Mon implication couvrent autant aider à la disponibilité des fauves avec qui je suis le plus en contact, et aussi en conseil par rapport aux programmes de développement et de préparation.
De mon expérience au sein de la FIBA, je peux également contribuer à l’élaboration des projets en infrastructures
.

La Centrafrique traverse des moments difficiles, les footballeurs vont se rendre en Afrique du Sud sans match test ce weekend ! Comment peux ton préparer des sportifs de haut niveau en de pareilles circonstances ?

Ce n’est pas possible d’attendre un retour conséquent sur l’investissement des ressources mis à la disposition des fédération sansavoir construit les infrastructures, et mis en place un programmecomplet de formation(des formateurs/entraineurs et joueurs) dès le minibasketou le mini foot. C’est un manque de vision d’avenir que d’essayer de prendre le train en marche et prétendre “ramenerYassitoungou”  sansun plan d’action comme mentionné en haut. Toutes les autresnationstravaillent en permanence et le niveau du talent sur le continent, pour ne pas dire au niveau intercontinentale, ne fait que s’élever avec une professionnalisation à travers toutes les structures de gestion et pratique du sport.

 

Lors d’un camps organisé à N’djaména (TCHAD) en juin 2011

On te laisse les mots de la fin….

Nous devons arriver à préserver et enrichir notre histoire, nos valeurs et nos monuments matériels, et surtout culturels. Cela doit nous être possible à travers chacune de nos phases et périodes de difficiles  douloureuses transitions.
L’objectif de tout centrafricain est de construire un meilleur lendemain, et que nos enfants et petits enfants puissent hériter une Centrafrique meilleure que la Centrafriqued’hier. Je ne sui spas le seul à savoir que le sport est un important vecteur et facteur pouvant servir d’exemple. Les couleurs des Fauves est l’arc- en-ciel ; des couleurs des valeurs qui coulent dans les veines de chaque molengué ti BéAfrica.

 Pour les fauves, Bamaras ¡!!

Propos receuillis le 20 mars 2013

* L’agence U1s Sports qui gère les intérêts sportifs de Serge IBAKA

 

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