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Symphorien et Anicet Lavodrama

Mai 2008 : L'invité



Anicet Lavodrama Nom:
LAVODRAMA

Prénom:
Anicet

Fonction:
Africa General Manager de U1st SPORTS (Agence spécialisée en marketing sportif)

Etre au Final Four de Madrid, en terre espagnole sans rencontrer Anicet LAVODRAMA serait une erreur, bon nombre d’entre vous  m’auraient demandé des nouvelles de « LAVO ».
Et oui, entre les deux matchs du 2 mai, nous avons croisé Anicet LAVODRAMA, qui a fait le déplacement de VALLADOLID où il réside pour  voir évoluer Romain SATO, son compatriote.
Nous avons convenu d’une rencontre le  lendemain ! Pour vous, je suis parti à sa rencontre dans les locaux de l’agence où il travaille.
Entre Tunis 87, Séoul 88, et  l’Espagne, 2O années sont passées, il reste toujours incontournable pour le basket centrafricain et africain…

Interview

Anicet, depuis combien de temps tu n’a pas mis les pieds en Centrafrique ?
Après les JO de Séoul (1988), je ne suis plus revenu à la maison.

Pourquoi tant d’années d’absence ?
Pour des raisons professionnelles avant tout.
Voyez-vous, une saison sportive achevée en mai et il ne vous reste que 3 mois pour renouveler votre contrat...
Ensuite pour les entrainements nécessaires pour rester au top niveau et qui exigeaient souvent mon départ pour aux USA à Houston, où je croisais Hakeem Olajuwon, Charles Barkley (entre autres), et ce pendant toute ma carrière plusieurs années successives…
Et finalement pour des raisons calendrier lié la pratique du basket au niveau professionnel, ainsi que des périodes où j’ai eu à me rétablir après des opérations au genou.

Tu es néanmoins resté en contact avec la sélection !
Oui, je n’ai manqué aucune CAN depuis 1987. J’ai toujours été présent pour rencontrer les joueurs et les responsables de l’équipe nationale. Je suis resté en contact avec tous les amis et la famille (personnelle et du basket) par téléphone et par courrier. J’ai aussi reçu avec joie la visite de plusieurs dirigeants de la fédération du CNOSCA et du ministère des sports á Genève quand j’étais à la FIBA comme Directeur de Développement (2000-2005)…

En 2004, lorsque Romain SATO a été drafté, qu’as-tu ressenti à l’annonce de sa sélection ?
Il faut dire que les deux dernières années de Romain Sato à XAVIER étaient superbes.
Déjà, des scouts (agents) qui enquêtaient pour évaluer son potentiel m’avaient interviewé et demandé mon opinion.
Sa place actuelle est méritée et  c’est une grande fierté pour la Centrafrique d’avoir un sportif sur le devant de la scène.

La sélection centrafricaine par contre végète toujours entre la 5éme et la 7éme place. Que lui manque t-elle pour rentrer dans ce carré d’AS africain ?
Le basket africain a considérablement évolué. De plus en plus de joueurs africains évoluent à l’étranger, au niveau universitaire aux États-Unis ou au niveau professionnel dans les pays où les ligues professionnelles existent. Certains pays investissent davantage que d'autres dans la formation de leurs entraîneurs, cadres et dans les infrastructures.

Etre 5éme en Afrique deux fois de suite (2003 et 2005) est un résultat satisfaisant. En mettant les choses dans leur contexte, je dirai même que c’est honorable compte tenu:
- des conditions limitées dans lesquelles l’équipe nationale se prépare,
- des difficultés à mener un programme de développement soutenu,
- et surtout du territoire centrafricain et de la gestion générale du basket :
  ... formation de nos entraîneurs
  ... détections de talents
  ... championnat scolaire manquant
  ... absence de terrains de basket adéquats
  ... structuration à long terme de la gestion globale du basket...

La préparation est en général courte et les joueurs n’ont pas le temps nécessaire pour former une cohésion solide comme cela pouvait se faire auparavant. La préparation étant courte, les joueurs doivent s’y adapter rapidement, ce qui n'est pas simple lorsque l’on évolue à l’étranger, en Europe, et aux USA.

Quels sont les secteurs à améliorer ?
A l’image de l’Angola, il faudrait que des structures soient mises en place, que nous ayant des terrains adéquats (surface synthétiques, en parquet et salles/terrains couverts). Le sponsoring  et le suivi des jeunes est également indispensable. L’Angola doit vraiment nous servir d’exemple. Tous les moyens mis en œuvre sont le fruit d’investissements et d’engagements angolais, de l’encadrement aux programmes nationaux de développement, en passant par la formation, le mini basket et le sponsoring. Il faut surtout reconnaître la valeur du produit centrafricain.
Le résultat est que désormais, la place mondiale de l’Angola (14ème) dans le haut du classement FIBA est justifiée…

Des champions d’Afrique 87, sont nés ceux que j’ai appelé les
« Héritiers de YASSINTOUNGOU ». Parmi eux, Maurice BEYINA, actuel Directeur Exécutif de Bourg-en Bresse (en Pro B), semble avoir bien débuté son après carrière sportive…

C’est une grande fierté pour moi, de voir que cet « héritier » a bien négocié ce passage de fin de carrière.
Comme je vous le disais en début d’entretien, être sportif de haut niveau nécessite de gros sacrifices ainsi qu’une responsabilité face à l'avenir.
Maurice, a fait les bons choix, et si notre carrière lui a servi de modèle, j’en espère autant pour les générations futures…

Que peux-tu dire à tes fans et admirateurs qui demandent de tes nouvelles, sans cesse ?
En bon fils d’Afrique et de la RCA et en toute humilité, je leur témoigne ma reconnaissance et reste très touché par l’intérêt qu’ils portent à mon égard. Mbi bata a la kwe na bè ti mbi.

Pour terminer, que penses tu de www.nzangue-international.com ?
C’est un réel plaisir de te rencontrer aujourd’hui Symphorien, tu as fait le déplacement à Madrid pour Romain SATO, la Centrafrique et moi.
J’espère qu’autour de ce projet la Centrafrique pourra saisir des opportunités productives et d’affaires, car Internet est désormais incontournable.

Découvrez également l'interview de Romain SATO en mai ! Cliquez-ici

 

 

 

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